Ça fait bien longtemps qu’on n’avait pas écrit ici, dites donc!
J’avais quelques vieux articles qui traînaient, genre sur la bouffe ou sur le métro, ou sur je ne sais plus quoi d’autre encore… Mais malheureusement, un manque flagrant d’illustrations m’a fait me raviser. J’oublie trop souvent de prendre des photos. Du coup il n’y avait que du texte. Après tout, nous n’allons pas vous resservir du Wikipédia à chaque fois !
Du coup, aujourd’hui je vais meubler un peu. Par exemple, saviez-vous que le Japon a, encore, changé de premier ministre?
M. Hatoyama, ancien premier ministre et ex-leader du Parti Démocratique du Japon(), a posé sa démission moins d’un an après son arrivée au pouvoir. Le PDJ avait gagné des élections historiques l’été dernier. C’était la première alternance depuis bien des années au Japon. Et les sondages lui étaient très favorables: les Japonais avaient, enfin, envie de changement.

Yukio Hatoyama et sa chemise controversée (AFP)
Mais comme tout ne peut pas se faire tout de suite, M. Hatoyama s’est vite retrouvé empêtré entre promesses impossibles à tenir() et scandales financiers(). Tout cela dans l’ombre d’Ichiro Ozawa, le “Shogun de l’ombre”, celui qui, dit-on, manipule toute la classe politique.
Ichiro Ozawa, c’est un peu la caricature du Japon. Politicien aguerri, qui était au parti libéral démocratique() avant de partir et de fonder le PDJ, c’est effectivement un homme qui a de bons réseaux et un fort pouvoir de persuasion. Un mélange entre le chef yakuza et le shogun. Typiquement celui qui, dans un film de brutes avec le gentil qui triomphe à la fin, devrait normalement finir humilié dans un coin par le gentil qui a réussi à retourner tous ses bons et loyaux serviteurs contre lui(). Le parrain, celui qui passe sa soirée dans une izakaya, avec un cigare, adossé au mur (car assis sur un coussin haha), avec ses sous-fifres qui lui servent du saké et des filles qui lui proposent des faveurs… Ahem. J’arrête de me faire des films, là.
Bref, de l’image que je m’en fais, vivement qu’il s’en aille, celui-là. Les Japonais ne cessent d’en parler, c’est le soap du moment: Naoto Kan (nouveau premier ministre) va-t-il nommer un opposant d’Ozawa au gouvernement/au bureau du Parti ? Comment va le prendre Ozawa ? Que va-t-il se passer aux prochaines élections (dans un mois) ? Que vont faire les 150 parlementaires fidèles à Ozawa ? Et caetera, et caetera.
La démocratie, au Japon, est finalement encore jeune, et les Japonais sont déjà blasés de cette classe politique qui ne fait qu’agiter les bras sans plus. On en oublierait les quelques mesures prises sous Hatoyama, notamment en ce qui concerne l’éducation et les allocations familiales. L’histoire de la base militaire a tout coulé. Et maintenant, avec Naoto Kan, ex-ministre des Finances sous le gouvernement Hatoyama, c’est l’heure de la rigueur ! Vous voyez, l’Europe (et en particulier la France) arrive même à influencer les japonais ! J’ai lu ici et là qu’il faudrait augmenter la taxe à la consommation (une sorte de TVA), et la faire passer de 5% à 20% !! Tant qu’ils ne tuent pas trop le budget alloué aux bourses pour les étudiants étrangers…

Naoto Kan, nouveau premier ministre (source XinHua - Chine Nouvelle)
Au fond, France et Japon finissent par se rapprocher, d’un point de vue politique et social. Le Japon commence à connaître l’accroissement des inégalités, et la France se blase de ses politiques. Tous deux ont une dimension sociale importante, bien que différente. Mais tout se perd dans les individualités du monde moderne. On se prend à rêver d’un monde meill…- Non mais stop, on arrête, c’est pas les Bisounours™ ici.
Voilou des petites nouvelles du Japon politique ! Plus réjouissant que tout autre blabla ennuyeux sur ma vie, mon oeuvre ? Pas sûr, mais au moins ça change un peu
C’est très résumé et très peu documenté, si vous voulez en savoir plus je vous invite à lire les quelques maigres articles qui traitent le sujet, sur LeMonde.fr par exemple.
* Lien vers l’article de Chine Nouvelle, en anglais.